Challenge AZ: A comme Actes fondateurs

 

A comme Actes fondateurs

Parce que tout commence par une naissance…. y compris les villes.

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Décret de Milan (Archives municipales de Pontivy, 3D1)

Dans nos fonds, nous trouvons un ensemble de dossiers pompeusement qualifiés « Actes fondateurs de la commune ». Contrairement à ce que son nom l’indique, il ne s’agit pas de documents sur la création de Pontivy. Celle-ci remontant aux temps les plus obscurs du Moyen-âge, nous n’en trouvons guère de traces en dehors des hagiographies.

Ces dossiers font en fait référence à une autre fondation qui a autant, sinon plus, d’importance que la première. Une refondation qui a fait de Pontivy une ville importante dans la Bretagne du XIXe siècle. Sans cela, cette ville serait restée la petite ville rurale à l’architecture médiévale perdue en Centre Bretagne et limitée au tracé de ses remparts. Elle aurait probablement aujourd’hui beaucoup moins d’habitants, ne serait pas une sous-préfecture, ne posséderait pas de lycée et, il faut le reconnaître, n’aurait sans doute pas de service d’archives non plus. Cette « refondation » qui a fait de Pontivy ce qu’elle est aujourd’hui porte un nom qui l’a rendu célèbre au-delà des frontières de la France : Napoléonville.

Au début du XIXe siècle, Napoléon cherche des emplacements destinés à appuyer sa politique sur le territoire français. C’est ainsi qu’il entreprend de « créer » des villes nouvelles dans plusieurs régions de France. Seuls deux de ces projets aboutiront, La Roche-sur-Yon et Pontivy.

Règlement de construction et de concession de terrains dans la ville nouvelle, 1858. (Archives minucipales de Pontivy 3D1)

Règlement de construction et de concession de terrains dans la ville nouvelle, 1858. (Archives minucipales de Pontivy 3D1)

Pontivy, qui n’est alors qu’une petite ville rurale parmi tant d’autres, attire le regard de celui qui n’est encore que consul pour plusieurs raisons. D’une part, elle est idéalement situé par rapport à la côte. À égale distance de la Manche et de l’océan Atlantique, elle peut faire une base arrière intéressante dans un contexte de guerre récurrente contre la Grande Bretagne. D’autre part, sa population est, depuis 1789, profondément acquise aux idées de la Révolution alors que la campagne environnante est en proie à un soulèvement royaliste appelé chouannerie. Elle représente donc une base importante pour la pacification de la région. La ville est également située sur un carrefour routier important puisque s’y croisent les routes Saint-Malo – Lorient, Saint-Brieuc – Vannes et Rennes – Carhaix. Enfin, Pontivy est construite sur un fleuve, le Blavet. Si celui-ci n’est pas navigable, il est possible de le canaliser.

Pour Napoléon, il n’en faut pas plus. Le 17 septembre 1802, par arrêté, il demande que soit installé à Pontivy un centre militaire et administratif important. Il demande également que le Blavet soit canalisé et que le tracé du canal de Nantes à Brest passe par la ville. Quelques temps plus tard, un nouvel arrêté ajoutera au dispositif l’installation d’un Lycée impérial (le troisième de Bretagne après Nantes et Rennes). Pour remercier son bienfaiteur, la ville prend le nom de Napoléonville. Le 10 mai 1805, à Milan, l’Empereur entérine définitivement la construction de « nouvelle ville » accolée à la ville ancienne. Les travaux débutent l’année suivante. Si les effets de l’intervention de Napoléon ne se font pas sentir immédiatement, la ville se développe tout au long du siècle et sous l’impulsion de Napoléon II et de quelques maires, notamment à partir des années 1860.

C’est cette période primordiale de l’histoire de la ville qui est abordée dans les dossiers « actes fondateurs de la commune ». Ils regroupent l’ensemble des documents que les archives municipales possèdent sur la création de la Nouvelle ville (arrêtés, décret de Milan, correspondance relative aux terrains…). Il comprend également des règlements de construction de maisons dans l’espace de la ville nouvelle, un dossier sur la préparation d’une visite de Napoléon (qui n’a jamais eu lieu) ou sur les différents changements de nom de la ville au XIXe siècle. On y trouve également plusieurs dossiers relatifs aux modifications des limites de la commune, en janvier 1805 tout d’abord, puis avec la création de la commune voisine du Sourn à la fin du XIXe siècle.

L’ensemble de ces documents a été numérisé et mis en ligne en 2016.

Vous pouvez consulter la version numérique de ces documents ici :

 

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